Suivez l'action des producteur de lait de brebis d'ELB

La semaine dernière, une centaine de producteurs de lait de brebis a investi la laiterie Agour d'Hélette puis la fromagerie Onetik de Macaye pour dénoncer les provocations des entreprises qui leur collectent le lait. Ces dernières veulent augmenter les quantités de lait qu’elles achètent à bas prix en Espagne ou en Lozère et refusent dans le même temps d’acheter le lait des producteurs de la zone AOC Ossau Irati. ELB demande que les accords interprofessionnels soient respectés.

Ce qui est en jeu aujourd’hui



Les entreprises important du lait, Agour, Onetik, 3A, créées soit directement par les producteurs locaux,  soit par un appui important de ceux-ci, trahissent aujourd’hui ce pourquoi elles ont été créés.
Elles ne respectent pas les accords interprofessionnels comme la priorité au lait de la zone.
Elles jouent la provocation en annonçant un niveau de litrage importé supérieur pour l’année qui vient.
Elles entraînent, par leur stratégie d’importation, la pénalisation de la production locale, la menace de baisse du prix du lait et du fromage également car les fromages fabriqués à partir de ce lait sont utilisés pour des opérations de bradage dans les grandes surfaces.
Elles volent l’image de notre terroir et de l’AOP Ossau Iraty : un lait venant de Lozère ou d’Espagne peut-il être vendu sous un nom faisant référence au Pays Basque (Etxola, Le Navarrais, Bleu des Basques, Brebiou, Saint-Sauveur des Basques) ? Qu’en pense l’administration des fraudes ?

Protéger le lait produit dans notre bassin est une question cruciale pour l’avenir des élevages ovins lait du Pays Basque. Nos campagnes ne survivront pas aux stratégies que les entreprises importatrices développent aujourd’hui.
Plus de la moitié des exploitations du Pays Basque vivent du lait de brebis. Sur les installations de jeunes agriculteurs en Pays Basque, qui représentent 60% des installations du département, les deux tiers optent pour le lait de brebis.
Cette production est surtout une des seule capable de faire vivre des fermes dans certaines zones difficiles, alors que la production de lait de vache y a disparu depuis longtemps et que celle de vaches à viande constitue avant tout un complément, avec des cours au plus bas depuis des années. A la différence du lait de vache, où un certain nombre d’exploitations a pu s’orienter vers d’autres production (lait de brebis au début des quotas, viande bovine plus tard, céréales plus récemment), après le lait de brebis, aucune reconversion n’est possible dans la plupart des cas.