Suivez l'action des producteur de lait de brebis d'ELB

La semaine dernière, une centaine de producteurs de lait de brebis a investi la laiterie Agour d'Hélette puis la fromagerie Onetik de Macaye pour dénoncer les provocations des entreprises qui leur collectent le lait. Ces dernières veulent augmenter les quantités de lait qu’elles achètent à bas prix en Espagne ou en Lozère et refusent dans le même temps d’acheter le lait des producteurs de la zone AOC Ossau Irati. ELB demande que les accords interprofessionnels soient respectés.

Comment en est-on arrivé là ?


Depuis deux ans, la production de lait de brebis de la zone AOC Ossau Irati (Pays Basque + montagne béarnaise) connaît une augmentation. Elle se situe cette année à 56 millions de litres environ.
Dans le même temps, environ 65 millions de litres de lait sont transformés en fromages de brebis par les laiteries locales.
Depuis des années, un certain nombre d’entreprises locales font rentrer du lait de l’extérieur de la zone (à un prix 30% moins cher que le lait local) pour compléter leurs approvisionnements. Alors que la production locale augmente, ces entreprises ne veulent pas diminuer leurs achats extérieurs pour privilégier le lait local, lié au terroir et faisant vivre les exploitations du pays.
Avec ce lait venu d’Espagne ou de Lozère, les laiteries fabriquent du fromage vendu sous le nom de « Pur Brebis Pyrénées », qui copie en format, en apparence, en arguments publicitaires l’AOP Ossau Iraty, seul fromage garanti de production et de fabrication locales.

Aujourd’hui, les industriels arguent d’un excédent de lait sur notre territoire. Alors que dans le même temps, ils importent 8.2 millions de litres !

En février dernier, après l’occupation d’une réunion du comité directeur de l’Interprofession ovine (organe qui réunit les représentants des producteurs et des laiteries), le sous-préfet a réuni tous les acteurs de la filière à la sous-préfecture et des accords ont été signés. Ils engagent les signataires à prioriser l’utilisation du lait du bassin (avant le lait extérieur). Ils engagent à aller plus loin pour la campagne suivante et à diminuer le niveau d’achat extérieur à moins de 7 millions de litres.

L’accord n’est pas assorti d’un contrôle pour vérifier que ces engagements seront respectés. Ce qu’ELB avait dénoncé en février en refusant de signer l’accord.

Huit mois plus tard, les faits donnent raison au syndicat. De longs mois de discussion avec les industriels ont abouti à ce que ces derniers annoncent qu’ils importeront 8.5 millions de litres l’année prochaine !
De plus, pour une raison que les producteurs ne comprennent pas, les laiteries veulent imposer le démantèlement de la CLPB, coopérative laitière du Pays Basque. Elles demandent que les 84 producteurs de la coopérative de collecte, abandonnent leur structure et intègrent une autre laiterie !

Les producteurs de lait de brebis ne peuvent accepter de tels agissements. Ils réclament le simple respect des accords interprofessionnels.

Depuis 8 mois, les laiteries émettent des avis de non recevoir à toutes les propositions des producteurs. Aujourd’hui, l’action et l’occupation deviennent les dernières voies de recours.